Des animaux en offrande au tourisme

« Prendre conscience, c’est transformer le voile qui recouvre la lumière en miroir » Lao Tseu. Photo de Photo de Spoortesh Honey


Nos comportements sont le reflet de nos connaissances et de nos représentations qui se construisent à travers nos expériences propres et nos échanges avec autrui.

Mais comment savoir quand tout est mis en oeuvre pour nous montrer des mondes idylliques auxquels nous aimons/voulons croire. La souffrance animale doit être cachée pour éviter toute réflexion, et ce quelle que soit l’industrie qui l’exploite. Une vache heureuse dans un pré, oui – la même dans un box sans jamais voir le jour, non. Des bébés tigres « trop mignons » déposés dans nos bras le temps d’une photo, oui – les mêmes arrachés à leur mère et détenus dans d’affreuses conditions, non.

Le non-dit, le non-voir, le non-savoir permettent de créer un fossé entre l’animal vivant et l’animal produit. Association Sorbonne Université.

Nous avons chacun un rôle personnel à jouer quand l’occasion nous est donnée de le faire. Soulevons le voile et disons simplement « non ».


Lorsque sur un site touristique, particulièrement à grande fréquentation, vous voyez des animaux contraints à travailler contre rémunération pour leur maître, entravés, manipulés, il est plus que probable qu’ils soient victimes de maltraitance.


LES ANIMAUX D’ATTELAGE, DE PORTAGE

Que voient les touristes : des animaux placides, des pompons multicolores, des calèches aux coussins rembourrés, une promenade atypique, romantique et sans efforts.

La plupart des animaux -chameaux, chevaux, ânes, mulets- présents sur les sites touristiques à grande fréquentation, ne sont qu’une source pécuniaire pour leurs propriétaires, à l’exclusion de toute compassion.

Les causes de maltraitances sont nombreuses, peuvent se cumuler et conduire à la mort : les coups, l’insolation, la soif, l’épuisement, la faim, l ‘absence de tous soins et d’hygiène.

Il est aujourd’hui de plus en plus difficile de ne pas savoir, de n’avoir jamais entendu parler.

Ne fermons pas les yeux.

Photo de Dmitry Zvolskiy

I

  • En 2015, un cheval meurt de chaud sur un trottoir de Barcelone à la suite du refus de son propriétaire de faire appel à un vétérinaire : trop cher !
  • Pétra : maltraitance de 1 300 chevaux, ânes, mulets et chameaux. Attention : vidéo de PETA aux images difficiles mais hélas bien réelles
  • Istanbul – certains chevaux blessés jusqu’au sang traînent des calèches, leur conditions de détention sont abominables… Suite à une épidémie qui a mis en lumière l’état de santé alarmant des chevaux, les promenades en calèche ont été suspendues sur les îles d’Istanbul fin 2019. Jusqu’à quand ? Géo
  • Le calvaire des ânes de Santorin – vidéo
  • Les pyramides d’Egypte où des dromadaires sont contraints de porter des visiteurs sur leur dos ou de les tracter dans des charrettes dans la chaleur accablante, sans accès à la nourriture, à l’eau ni à l’ombre. Peta
  • Etc.

Photo de Dmitry Zvolskiy

Au nom de bien-être animal, des villes ont interdit les promenades en calèche telles Montréal en Janvier 2020, et Barcelone en 2018 à la suite de l’indignation suscitée par la mort du cheval en 2015 sur un trottoir de la ville.

L’exploitation animale n’a pas de limite quand il s’agit de faire des profits.

Photo de cheptu00e9 cormani

Des promenades en chiens de traineaux sont mis en avant sur des sites internet évoquant la découverte des paysages naturels et même la « complicité » entre le musher (pilote de l’attelage) et ses chiens. Pourtant, ces propositions cachent parfois un business sordide tenu par des individus peu scrupuleux. 30 millions d’amis.


TOURISME ET FAUNE SAUVAGE

Selon World Animal Protection « On estime qu’à l’échelle mondiale, le tourisme animalier condamne quelque 550.000 animaux sauvages à une souffrance généralement invisible« .
Photo de Stephan Streuders sur Pexels.com

Promenades à dos d’éléphant. Pour le touriste, l’occasion de vivre un moment unique, en tout cas inhabituel, de sortir de ses codes, mais pour l’éléphant, ce sont des conditions de vie misérables, l’épuisement, l’enfermement, les chaines, les coups.

Les éléphants d’Asie et le tourisme en Thaïlande – “Notre rapport de 2017 révèle que plus de trois quarts des 3000 éléphants utilisés dans le secteur touristique en Asie sont maintenus dans des conditions extrêmement cruelles” a déclaré la Protection Mondiale des Animaux ». Thailande.fr

Une étude menée en 2017 par la compagnie de recherche Kantar a révélé une baisse de 9% sur trois ans du nombre de personnes en faveur de la monte d’éléphants, passant de 53% à 44%. Elle montre également que 80% des touristes préféreraient voir des éléphants dans leur environnement naturel. C’est encourageant. Ces animaux ont besoin de notre aide.

Ne fermons pas les yeux.

Photo de Parv Choudhary


La mode des selfies a créé de nouvelles dérives de l’exploitation animale. Se faire prendre en photo avec un animal sauvage est à la mode et donc surexploité par les professionnels du tourisme.

Jeunes animaux récupérés en forêt, arrachés à leur mère ou adultes piégés, extraits brutalement de leur milieu naturel puis détenus en cage/enchaînés, forcés à la reproduction, toutes les espèces d’animaux sauvages sont concernées, et plus particulièrement les primates et les félins.

La « nouvelle tendance » : les paresseux d’Amérique du Sud parce que lents et incapables de se défendre mais cependant battus jusqu’à ce qu’ils soient totalement dociles avec les touristes ; le tress, la souffrance les conduisent inévitablement à une mort précoce. L’ONG World Animal Protection mène une véritable guerre contre les selfies pris avec des animaux sauvages. Dans cette vidéo, elle montre comment les paresseux sont arrachés à leur arbre pour ensuite être présentés aux touristes. – Vidéo – Attention, images difficiles.

Pour la réalisation de selfies avec les félins, certains n’hésitent pas à les droguer ou leur ôter leurs griffes avec, en amont, de cruelles séances d’asservissement.

Photo de Engin Akyurt sur Pexels.com

Le Temple du tigre en Thaïlande, est représentatif des sévices infligés sur les félins sur la planète pour répondre aux envies des touristes. En 2016, les parcs nationaux de Thaïlande ont décidé de confisquer 147 gros félins alors que les accusations de maltraitance et d’exploitation se multipliaient. National geographic

Au zoo de Pattaya, toujours en Thailande, les tigres sont frappés des centaines de fois par jour pour qu’ils rugissent sur l’image avec les touristes complices. Tous ne le sont pas et se sont indignés de ces traitements avec pour seule conséquence la mutation du « dresseur ».

On estime qu’en Thaïlande, plus de 2500 tigres vivent en captivité.

Le sort et l’avenir des jeunes félins destinés aux selfies est à peine imaginable. Les bébés tigres, lions destinés à être câlinés voire nourris au biberon, proviennent le plus souvent d’élevages afin de pouvoir renouveler les « stocks ».

Leur sort une fois qu’ils ne pourront plus jouer le rôle de « bébés mignons » sera soit d’être vendus à des pourvoyeurs de safaris « en boite », chasseurs de trophées, soit de prendre la suite de leurs aînés drogués et mutilés au côté de touristes ravis. Quoi qu’il en soit, ils n’ont pratiquement aucune chance de retrouver leur liberté.

Ne fermons pas les yeux.

Photo de Gary Whyte


L’ONG World animal protection l’ONG a mis en place le Wildlife Selfie Code / Code de bonne conduite.

Ne pas prendre de selfie si l’animal :
– est tenu, porté dans les bras ou enchaîné
– doit être attiré avec de la nourriture
– peut vous blesser
Le selfie est possible si :
– vous vous situez à bonne distance de l’animal
– l’animal se trouve dans son habitat naturel
– l’animal est libre de ses mouvements et n’est pas captif

INSTAGRAM – Pour lutter contre l’exploitation animale, Instagram a décidé de s’unir à des associations comme le World Wildlife Fund, TRAFFIC, ou encore World Animal Protection pour tenter d’avoir un impact sur les comportements des touristes en lançant un message de sensibilisation autour d’une série de hastages ciblés.

Comment ? Toute personne qui cherchera à utiliser un hastag pouvant mener à une photo représentant un « animal à selfie », se verra délivrer le message suivant : « La maltraitance animale et la vente d’animaux en voie de disparition ou de certaines parties de leur corps n’est pas autorisée sur Instagram. Vous recherchez un hashtag qui pourrait être associé à des publications encourageant des comportements nuisibles pour les animaux ou l’environnement. » National géographic


La pandémie actuelle met à jour un constat glaçant. Les animaux sauvages exploités pour le tourisme, se trouvent aujourd’hui en grand danger ….par manque de touristes, leurs maîtres n’ayant plus les moyens de les nourrir, les gardant sans activité enchaînés, enfermés, délaissés. Pour éviter que cela ne se reproduise, ce type d’activité doit cesser. La Fondation 30 Millions d’Amis, qui condamne régulièrement le tourisme néfaste aux animaux sauvages, a récemment interpellé les guides touristiques qui se sont engagés à ne plus promouvoir ce type d’attractions et à accentuer le tourisme éthique. Elle appelle chacun à refuser les attractions employant des animaux.  Lire l’article de 30 millions d’amis « D’un enfer à l’autre ».

En ce qui concerne le tourisme et la faune sauvage, je vous conseille de lire l’article documenté de GEO « Tourisme animalier et derives – ce qu’il faut savoir avant de partir à la rencontre des animaux »



2 réflexions au sujet de « Des animaux en offrande au tourisme »

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