Biodiversité en danger – Qu’est-ce qui a changé en 30 ans ? Rôle du chat

« J’ai trouvé plus de danger parmi les hommes que parmi les animaux ».
Friedrich Nietzsche ,


Avant d’aller plus avant, je rappelle que cet article n’est pas sensé attaquer une personne ou un groupement en particulier, mais à apporter des éléments d’information. Je vous remercie donc de veiller à ce qu’il en soit ainsi.


Lorsque des études sont faites sur les raisons de la disparition d’espèces animales dans le monde, les causes retenues sont prioritairement les activités humaines : D’après le groupe d’experts de l’ONU, il s’agit, dans l’ordre ; de l’utilisation des terres (agriculture, déforestation), de l’exploitation directe des ressources (pêche, chasse), du changement climatique, des pollutions et des espèces invasives. L’Homme est donc le premier responsable de la situation. « Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier », décrit Robert Watson. France Bleue

Les animaux chasseurs/prédateurs ne sont pas devenus plus destructeurs qu’ils ne l’étaient en 1990 – Cependant, du fait de la situation catastrophique engendrée par les activités humaines, ce qui est normal et instinctif peut aujourd’hui être ou devenir problématique.


Photo de Manideep Karne sur Pexels.com

Conscients qu’il faut agir sur tous les fronts pour tenter de sauver cette biodiversité en danger, nombreuses sont les structures qui cherchent des solutions, dont les associations de protection animale. Celles-ci créent des réserves de vie sauvage (Aspa, …) , surveillent, comptent, protégent les espèces les plus menacées (L.P.O, …), militent pour la réintroduction d’espèces disparues (France Culture), agissent contre la chasse autorisée d’espèces menacées (L.P.O, …) et le braconnage… , mettent en place des actions ciblées politiques et citoyennes.


Certains de ces animaux prédateurs présents dans nos campagnes, nos jardins, étangs, plans d’eau sont parfois montrés du doigt comme mettant en danger la biodiversité sur notre territoire. Prenons un cas un peu particulier mais que tout le monde connait relativement bien : le chat.


Quel est réellement l’impact du chat sur les espèces animales menacées ?

La L.P.O. nous apprend que :

« Le chat domestique – Les proies principales sont à 68% des micromammifères (mulot sylvestre, souris domestique, musaraigne, etc), à 23% des oiseaux (mésange, merle noir, rouge-gorge) et à 9% des reptiles (lézard des murailles, Orvet fragile). 56% des proies ne sont pas consommées par les chats.

Le chat sauvage d’âge adulte ….ne se nourrit que de petits rongeurs. En été et en automne, les chats sauvages peuvent aussi avaler des insectes et des oiseaux nichant au sol, mais en quantité négligeable.

Entre 8 à 10% des animaux blessés accueillis dans les centres de soins LPO ont été victimes de la prédation d’un chat domestique : Sur ces 8 à 10 %, il y a 84% d’oiseaux et 16% de mammifères et reptiles, dont 59% des chauves-souris ».

Photo de Bekka Mongeau sur Pexels.com

LES MAMMIFERES (68 % de leurs proies)

Le Muséum national d’Histoire naturelle et le Comité français de l’UICN ont travaillé en partenariat avec la Société française pour l’étude et la protection des mammifères et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage et, d’après le résultat des évaluations, onze espèces de mammifères sur 119 (dix espèces continentales et une marine) sont menacées de disparition du territoire métropolitain. UICN – 2009Aucune ne fait partie des proies du chat. Le critère suivant est appelé NT (proche du seuil des espèces menacées ou qui pourraient être menacées si des mesures de conservation spécifiques n’étaient pas prises). Y trouve-t’on des espèces faisant partie des proies du chat ? Oui :

La musaraigne consommée tant par le chat domestique que sauvage tout comme par les serpents, belette, putois, hermine, fouine et oiseaux de nuit comme la chouette. Futura science
Le lièvre variable (petit gibier de montagne chassé) habitant les forêts et les alpages, à partir de 1200 m – ses prédateurs naturels sont les carnivores terrestres (hermine, renard roux, chat sauvage, loup, lynx,) et les rapaces (hibou grand-duc, aigle royal, chouette hulotte, buse et corneille noire pour les levrauts). *
Le lapin de garenne, gibier prisé des chasseurs et susceptible de commettre d’importants dégâts aux cultures et plantations forestières. A ce titre il bénéfice en France d’un statut de gibier ou d’espèce nuisible selon le lieu. Le lapin figure parmi les principales proies de nombreux prédateurs terrestres tels que le renard, le putois, la fouine et la martre. C’est aussi une proie préférentielle de certains rapaces tels que le hibou grand-duc. ONCFS *
Certaines chauves-souris – Parmi les dix-sept mammifères menacés de disparition en France, huit font partie de cette catégorie. « Jusque-là principalement affectées par l’intensification des pratiques agricoles et par l’exploitation forestière réduisant l’abondance des vieux arbres, les chauves-souris se trouvent désormais confrontées […] aux opérations de rénovation et d’isolation des bâtiments […] et au développement du secteur éolien, victimes de collisions avec les pales », expliquait l’UICN dans un communiqué publié l’an passé. Europe 1 – Leurs prédateurs sont de petits carnassiers (la fouine et le chat), certaines araignées, des rapaces dont les principaux sont la chouette, le hibou, la buse, l’épervier, et les serpents. Puces, tiques et autres parasites sont les grands ennemis des chauves-souris.
* les jeunes lièvres et lapins sont également chassés par les chats (principalement sauvages ou retournés à l’état sauvage).

LES OISEAUX (23 % de leurs proies)

Les petits oiseaux disparaissent de dans nos campagnes. De nombreux scientifiques s’en préoccupent. « Pinsons, chardonnerets et verdiers semblent avoir pratiquement disparu. Ceux que les ornithologues capturent pour les baguer (les « programmes de bagage ») confirment une situation alarmante :« Les oiseaux pris [par les ornithologues] présentent un état de santé dégradé, avec des maladies sur les pattes notamment », précise Frédéric Jiguet, « il y a sans doute beaucoup de morts« . « Le chardonneret, lui, à l’instar des autres granivores, souffre d’un manque de nourriture. Sa pitance se réduit au rythme de la disparition des friches agricoles. » Nouvel’Obs. Etc…

Le Muséum national d’histoire naturelle et le CNRS s’en alarment. Selon deux études, un tiers d’entre eux aurait disparu ces quinze dernières années.  » Le grand responsable selon les chercheurs serait le secteur agricole. « …..« Les pratiques paysannes se sont intensifiées ces 25 dernières années, » pointe le spécialiste. « Particulièrement entre 2008 et 2009. Les premières victimes de ces profonds changements ont été les insectes : 80 % des invertébrés ailés ont été décimés en moins de 30 ans…… En conséquence, les oiseaux ont été privés de leur nourriture et de leur habitat. ….. la plupart des oisillons, se nourrissent exclusivement d’insectes, puis deviennent granivores à l’âge adulte, précise Benoît Fontaine ». National géographic.

Les oiseaux principalement chassés par le chat (mésange, merle noir, rouge-gorge) sont-ils en voie de disparition ? La mésange boréale fait partie des espèces vulnérables à surveiller. Liste des espèces d’oiseaux menacés en France métropole et outre-mer. U.I.C.N – Comité français

Vous avez un jardin, un petit bout de terrain ? Aidez les oiseaux ! « Saviez-vous que la superficie cumulée de nos jardins est plus grande que celle de l’ensemble des réserves naturelles de France ? Ce qui représente une incroyable zone de refuge pour les oiseaux. Encore faut-il que votre jardin ne soit pas qu’une grande pelouse tondue. Pensez aux haies, aux bosquets, aux arbres.« Plantez des sureaux ou des sorbiers qui offriront les baies dont les oiseaux raffolent en hiver », encourage Marjorie Poitevin, « et laissez les fleurs de chardons en place durant toute la saison froide : c’est beau et les chardonnerets vous récompenseront en venant vous rendre visite ». Nouvel Obs


LES REPTILES – BATRACIENS – INSECTES (9% de leurs proies)

Photo de Egor Kamelev sur Pexels.com

Les chats domestiques chassent des reptiles (lézard des murailles, Orvet fragile) très présents dans les jardins, plus pour répondre à leur instinct de chasseurs que dans le but de les manger. Il ne faut pas hésiter à les aider à s’échapper : disséminer des tas de bois, de pierres etc…dans votre jardin, autant de cachettes qui sauvera la vie de ces petits animaux.


Que les proies des chats soient en danger critique, en danger, vulnérables, quasi-menacées ou facent l’objet d’une préoccupation mineure, toutes pourraient un jour faire partie de cette triste liste d’animaux en voie de disparition, notamment les oiseaux déjà très impactés par ailleurs.

Ce sujet est d’autant plus sensible qu’il occasionne un vrai dilemme pour les personnes aimant tout animal vivant et ne supportant pas la mort des proies des chats « pour rien », les chat domestiques pouvant tuer ou blesser, non pour se nourrir, car ses maîtres y ont pourvu, mais pour répondre à leur seul instinct de chasseur. Aucune cruauté dans ce comportement bien entendu mais cela occasionne de nombreuses victimes.

Il est possible d’agir sans qu’il leur soit fait de mal et éviter ainsi qu’ils soient également victimes de la situation.

Afin de réduire l’impact de leur prédation, les associations de protection animale ont mis en place, en collaboration avec les collectivités locales partenaires, de vastes opérations de stérilisation pour limiter leur « prélèvement » sur des espèces certaines déjà fragilisées… par les hommes (30 millions d’amis, …). L’opération « chats libres » permet de stériliser les chats errants puis de les relâcher dans la nature, le but étant d’en réduire la population.

Cependant, les actions des associations vis-à-vis de nos félins, ne peuvent porter leurs fruits qu’avec la coopération des hommes, ce qui n’est pas évident, certains refusant de faire stériliser leur animal, ou pire ne le nourrissant pas ou très peu (préférant qu’il le fasse par lui-même), ou même l’abandonnant dans la nature (chat haret) le condamnant à trouver par lui-même sa subsistance en chassant.

Photo de Juls sur Pexels.com

Il existe également quelques astuces qui peuvent aider à limiter le nombre de leurs victimes – Ligue de protection des oiseaux (LPO)

Aménagez vos jardins ! Saviez-vous que la superficie cumulée de nos jardins est plus grande que celle de l’ensemble des réserves naturelles de France ? Ce qui représente une incroyable zone de refuge pour les oiseaux. Encore faut-il que votre jardin ne soit pas qu’une grande pelouse tondue. Pensez aux haies, aux bosquets, aux arbres.« Plantez des sureaux ou des sorbiers qui offriront les baies dont les oiseaux raffolent en hiver », encourage Marjorie Poitevin, « et laissez les fleurs de chardons en place durant toute la saison froide : c’est beau et les chardonnerets vous récompenseront en venant vous rendre visite ». Nouvel Obs


Aider vos félins et par là même les espèces capturées : faites stériliser vos chats tant mâles que femelles. Pour une meilleure cohabitation entre espèces animales mais également pour une plus grande tolérance des êtres humains vis-à-vis d’eux. Cela peut paraître anodin, mais au vu du nombre de nos félins, ça ne l’est pas. Merci.


Ici, le livre blanc « Pour que vive la nature » qui a été remis le 22 Mai 2020 à la ministre E.Borne par 14 O.N.G. de Protection de la Nature, dont la L.P.O.


Photo de Alex .B sur Pexels.com

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