Impact du confinement sur les animaux – Part. 1 : Le négatif

« L’idéal change, la nature demeure ; et le meilleur usage que l’homme puisse faire de la liberté, c’est de n’en faire aucun ». Jean Grenier

A venir (6 novembre) – Part.2 : les effets positifs


En mars et avril dernier, l’activité humaine s’est faite très discrète, voire même inexistante dans certains endroits rendus inaccessibles par les mesures Covid. Les nuisances sonores ont très fortement diminué (article Le Monde) , la pollution de l’air a chuté (les niveaux de dioxyde d’azote et de particules fines ont baissé respectivement de 40 % et 10 % en avril – Le Monde), les déplacements humains ont été limités, certains pratiquement à l’arrêt (avions, trains…).

Ceci a eu pour effet d’ouvrir à la faune et à la flore une large fenêtre sur une liberté de croissance et de mouvement qu’elles n’avaient pas connu depuis très longtemps. Cependant, le confinement a également mis en danger l’existence ou la vie même de nombreux animaux.


Effets négatifs du confinement sur les animaux

Danger pour la nidification

Nombreux ont été les animaux qui auront choisi des lieux de nidification, qui, une fois le confinement levé, se sont avérés problématiques. Oiseaux et mammifères qui pensaient choisir un endroit stratégiquement calme auront été surpris de se retrouver en plein milieu d’une circulation qui avait disparu. A titre d’exemple, le retour des promeneurs sur les plages ont mis à risques les petites sternes reproductrices qui auraient être piétinées et dérangées, alors qu’elles sont déjà en danger. Vetitude

Plusieurs communes ont très vite réagit et interdit l’accès à leurs plages afin que les oiseaux installés pendant le confinement puissent mener leur reproduction à son terme : dans le Finistère et en Occitanie notamment. Le Conservatoire du littoral, l’Office national des forêts, l’OFB ainsi que plusieurs associations avaient lancé une grande opération « Sauvez nos poussins » afin de rappeler les « bonnes pratiques » à adopter lors de balades. 


Nourrissage des chats errants

Photo de EVG Culture sur Pexels.com

De nombreux bénévoles ayant l’habitude de nourrir des chats errants sur des lieux de nourrissage se sont vus pénalisés d’une amende de 135€ et ont donc dû cesser d’y aller, sous peine d’être plus lourdement sanctionnés.

Le 3 avril 2020, suite aux demandes de la Fondation Brigitte Bardot et des associations de protection animale, le ministère de l’Agriculture autorise enfin le nourrissage des chats libres par des bénévoles, en lui accordant le statut de mission dont la continuité doit être assurée mais en respectant l’option « Déplacements brefs, dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile, liés (…) aux besoins des animaux de compagnie. »


Fermeture au public des refuges pour animaux

 

La SPA (société protectrice des animaux) a tout fait pour continuer à aider les chiens et les chats errants malgré l’interdiction d’ouvrir ses refuges pendant le confinement. Face à la saturation des sites, l’association a demandé autorisation de poursuivre les adoptions d’animaux au sein des 55 refuges de la SPA en proposant un système d’adoption solidaire très contraignant. Quatre semaines après le début du confinement, l’autorisation a été accordée à condition de limiter les contacts.

Pour les plus petites structures (3218 associations et 720 refuges français indépendants ), le confinement a posé de graves problèmes de financement et de fonctionnement (moins de dons, l’arrêt des collectes, aucun frais d’adoption), moins de personnel, et l’impossibilité d’accueillir de nouveaux animaux face à la saturation du fait de l’arrêt des adoptions – Sciences Avenir. Toutes ces associations et refuges n’ont eu de cesse de demander une aide financière qui leur a été refusée au prétexte que 19 millions avaient déjà été alloués pour les refuges… alors qu’en fait, ils l’ont été aux zoos et aux cirques – Zooactu. 17 avril : La ministre de la Transition écologique et solidaire fait savoir que « Le Gouvernement annonce aujourd’hui 19 millions d’euros pour financer la nourriture et les soins des #animaux dans les #zoos et #cirques en difficultés ».

Le secteur de la protection animale a été particulièrement impacté pendant le 1er confinement. Selon l’étude que nous avions menée sur un échantillon représentatif de 135 associations, ces dernières avaient perdu 32% de leurs ressources entre 2019 et 2020 sur la période 1er janvier/31 mai. Pire, leur déficit s’était accru de 58% alors que 75% de ces structures fonctionnaient déjà à flux tendu.


Animaux tributaires des touristes pour leur subsistance

Revers de la médaille pour certaines espèces devenues dépendantes des humains pour leur nourriture. Désemparées et affamées, elles ont dû trouver des solutions qui ont parfois pu poser des problèmes avec les humains.

C’est le cas notamment des cerfs sika du Japon ainsi que des singes qui, dans la ville de Lopburi, en Thaïlande, se sont battus dans les rues pour de la nourriture, comportement inhabituel qui pourrait être lié à l’absence des touristes « nourrisseurs » à cause de la pandémie de Covid-19.


Les personnes sans-abris et leurs animaux

Les personnes sans-abri qui pouvaient ou acceptaient d’avoir une place en centre d’hébergement se voyaient la plupart du temps privés de leur(s) chien(s) car interdit(s) dans ces structures d’accueil. Plusieurs municipalités ont cependant ouvert des lieux permettant l’accueil du maître et de l’animal. Par exemple, sur le site de Darwin à Bordeaux, les SDF étaient hébergés dans des locaux tout en ayant la possibilité de laisser leurs compagnons dans un jardin à proximité sous la garde d’un maître chien, avec prêt de muselières pour éviter les bagarres entre animaux. 20 minutes

Témoignage d’une association toulousaine Resto Zanimos sur la situation des SDF face au confinement : « Pendant le confinement, leurs conditions de vie se sont durement détériorées. L’association n’avait plus le droit de faire de maraude et les SDF ont dû quitter l’espace public. Ils se sont réfugiés comme ils pouvaient dans des squats pour se confiner eux aussi, toujours avec leurs animaux. D’autres se cachaient dans la rue et n’ont pas pu recevoir d’aide. La promiscuité et les regroupements ont causé de nombreux problèmes chez les maîtres, mais aussi chez leurs animaux. Valérie nous raconte : « Les SDF se sont confinés entre eux et depuis la fin du confinement, beaucoup se retrouvent à La Prairie des Filtres, un espace vert situé à Toulouse. Les chiens s’y retrouvent, cohabitent entre chiots et adultes, et depuis quelques jours, nous avons une explosion des cas de parvovirose. » Source Clic-animaux


Transport d’animaux vivants

Malgré le confinement et ses conséquences, le transport d’animaux vivants, pour la consommation, entre les pays de l’UE se poursuit. Les conditions ne permettent pourtant absolument pas de tenir compte du bien-être animal, comme le dénonce Peter Stevenson, Directeur du service affaires publiques de CIWF : « En raison des délais de contrôle des frontières accrus résultant de COVID-19, dans de nombreux cas, le transport d’animaux ne peut pas être effectué d’une manière conforme au droit de l’UE ».

Dans une lettre envoyée le 19 mars 2020 à la Commission et au Conseil de l’Europe, la FBB et plus de 35 ONG de protection animale s’associent à Welfarm et  CIWF France pour que les transports d’animaux d’élevage s’adaptent aux contraintes provoquées par l’épidémie de Covid-19. Et pourtant, rien ne sera fait. Fondation Brigitte Bardot – La Fondation 30 Millions d’Amis fustige l’inaction de la France et de l’Union européenne en la matière.


Hausse du braconnage

Que ce soit pour manger (perte de revenus liés au tourisme) ou pour profiter de l’absence de touristes, les actes de braconnages se multiplient dans le monde. La fermeture des frontières, des parcs naturels et la diminution des vols en direction des destinations touristiques conduit, selon les spécialistes, à une hausse du braconnage.

Il s’agit « ….d’une tendance mondiale inquiétante où les écologistes remarquent une augmentation de la chasse des espèces protégées depuis que la propagation du coronavirus a commencé à perturber systèmes économiques et sociaux traditionnels dans les zones rurales« , remarque dans un communiqué daté du 15 avril 2020 la Wildlife Conservation Society (WCS). Article de Science Avenir


Arrêt des programmes de conservation des espèces et sauvetages d’animaux maltraités

Autre effet pervers, les programmes de conservation étaient au point mort, s’inquiètait Allain Bougrain-Dubourg : «On devait relâcher dans le sud de la France des jeunes gypaètes qui se sont reproduits en Espagne et on devait confier aux Espagnols des poussins d’aigles de Bonelli nés en Vendée, cite-t-il. Sans ces échanges, ces programmes tombent à l’eau, alors qu’on est dans l’urgence.» Gageons que c’est aujourd’hui chose faite.

Les opérations de sauvetage d’animaux maltraités ont également été stoppées comme celle de l’association 30 Millions d’Amis qui, le 13 mars, avait découvert un grand nombre de chiens de chasse qui vivaient dans des conditions alarmantes. Manquant de soins, quelques uns souffraient de blessures mais tous étaient abandonnés. L’opération de sauvetage commencée dès lors, a dû s’interrompre à cause du confinement. Elle a désormais eu lieu et les chiens sont en sécurité.


Photo de Karol D sur Pexels.com

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